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Des techniques ancestrales ancrées dans le territoire

Transport à dos d’âne
Les transports de marchandises se faisaient beaucoup à dos d’homme ou de bêtes de bât, ânes ou mulets. La descente des fagots de bois, des « parnes », petits sapins fendus en deux, destinés à faire des échelles, et des sacs de charbon n’était pas évidente. Pendant des siècles, elle se faisait le long des sentiers escarpés à l’aide de mulets formant de véritables caravanes. La toponymie a d’ailleurs gardé des traces de leur passage : Pas de l’Ane entre Rencurel et Corrençon, à Prélenfrey en direction du Col Vert…

Traîneaux tirés par des bœufs
Les charbonniers chargeaient leur production sur des traîneaux en bois à deux roues (l’arrière de l’équipage traînant à même le sol). Ils utilisaient de grandes barres de fer et disposaient de petites barres en travers. Sur cette carriole, ils pouvaient transporter jusqu’à une tonne de charbon.

Véhicules sans moteur
Nombre de chars et de diligences étaient présents sur le Vercors avant l’arrivée des véhicules à moteur. L’aménagement des routes empierrées puis goudronnées remplaçant les sentiers ou chemins facilite l’accès aux hauts plateaux en particulier à partir du milieu du XIXe siècle.
La seconde moitié du XIXe siècle est marquée par l’apparition de nouvelles voies de circulation pour évacuer les beaux troncs produits par l’exploitation forestière.

La voie fluviale : les radeliers

Pour gagner les grandes agglomérations riveraines de l’Isère et du Rhône, de Romans à Arles, les grands arbres, utilisés pour la fabrication des navires, sont mis à flotter sur les cours d’eau, sous la surveillance des radeliers, tandis que les sacs de charbon, les canons de Saint-Gervais sont chargés sur des barques d’une longueur d’environ 15 à 25 m. Jusqu’à l’avènement du chemin de fer, l’Isère est donc sillonnée par de lourds bateaux remorqués à contre courant par de puissants attelages de bœufs se relayant à chaque port et, dans le sens du courant, des radeaux en direction de Beaucaire. La circulation du bois et du charbon de bois sur ces fragiles embarcations a perduré jusqu’au moment où l’on a installé les grands barrages sur le Rhône après la première guerre mondiale.

Chemin de bois

C’est ainsi que l’on appelait le chemin de fer car il fallait deux fois plus de bois que de fer pour le construire. Le Vercors est resté à l’écart de voies importantes du Paris-Lyon-Marseille installées au milieu du XIXe siècle. Le train arrive à Valence en 1854, à Romans dix ans plus tard (ligne Valence-Grenoble), et enfin à Die (ligne Valence-Briançon). Après le Plan Freycinet de 1878, le réseau d’intérêt local pénètre dans le Royans, mais n’aborde pas le plateau, sauf à Villard de Lans (à partir de Grenoble). Entre 1925 et 1935, la concurrence rail-route fait rage. Pour les transporteurs routiers, « le rail, c’est l’ennemi ! »

Utilisation des caractéristiques physiques du Vercors : la pente et le gel

Câbles
Des câbles nombreux ont été installés dans tout le Vercors afin de descendre les coupes de bois et les sacs de charbon. Un groupe d’Italiens de Saint-Laurent-du-Pont a installé des téléphériques : il y avait un câble porteur, un câble de retour, et une cordine en dessous. On pouvait transporter jusqu’à une tonne de bois par charge.
Il y en avait beaucoup sur le Vercors : un pour les Indochinois à Bodit, un pour la régie « Drôme cars » au Bouvaret, un à Tamet pour les chantiers de jeunesse, et un aux Sibeuds. Quatre personnes attendaient en bas l’arrivée de 30 à 40 tonnes de bois par jour. Au-dessus de Rencurel, dans les gorges de la Bourne, certains téléphériques ont fonctionné jusque vers 1960. Un câble très complexe était installé, qui était mis en mouvement grâce à la force de traction d’un groupe d’ânes installés sur la route et directement reliés au câble.

Jets
Ce sont des couloirs naturels formés dans la roche et utilisés pour faire glisser les rondins de bois issus de l’exploitation forestière, du plateau jusque dans la vallée.

Rises
Equivalents aux jets, ces couloirs sont artificiels puisque formés de bois humidifié.

Jeu du gel/dégel
A Autrans et Rencurel, le jeu du gel/dégel au cours des saisons est utilisé pour déliter la roche dans les ateliers de taille des Lozes ou pour la taille des meules de Moulin.

Arrivée des premiers véhicules : une nouvelle vision du territoire

Véhicules à moteur
Pendant la guerre, la houille et l’essence viennent à manquer. Après la démobilisation, on transforme les tracteurs en installant des « carbo-gaz ». La pénurie de pétrole contraint les fabricants à lancer sur le marché des véhicules baptisés « gazogènes »,avec de volumineux appareils flanqués au-dessus des marchepieds ou au-dessus du toit, distillant vers les cylindres du moteur un mélange gazeux inflammable, obtenu par la combustion incomplète du charbon.

Après la seconde Guerre mondiale, l’emploi du camion se généralise un peu partout, les techniques de conditionnement du charbon évoluant de concert. Les machines agricoles (batteuses…) et tracteurs se répandent après la première guerre mondiale et plus encore dans les années 50.

Tramway
Inauguré en 1920, il était utilisé pour transporter le lait de Lans-en-Vercors à Grenoble. Jusqu’à la seconde guerre mondiale, on l’utilisait pour transporter chez le boulanger 100 kg de farine et recevoir en retour 120 kg de pain.

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