Utilisation de la forêt au cours de l’histoire
Dès le Néolithique : impact sur la transformation des milieux
Au cours des cinq derniers millénaires, l’homme, devenu éleveur et agriculteur, a façonné et modifié le milieu naturel pour assurer la subsistance de populations toujours plus nombreuses. A la fin de l’époque Néolithique les forêts de conifères, d’aulnes, de frênes et de noisetiers subissent des déforestations massives. Les études sur les paléoenvironnements montrent l’ampleur des déforestations et de la transformation du paysage naturel au cours du Néolithique, ce jusqu’à une altitude de 1500 m dans la partie drômoise du massif.
Au cours du Moyen Age
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Exploitation traditionnelle des ressources du milieu forestier. A partir de l’An Mil, une population permanente est stabilisée dans les régions d’altitude : Vercors drômois, Quatre Montagnes. Cette colonisation de territoires nouveaux s’explique en partie par l’embellie climatique que connaît toute l’Europe depuis la seconde moitié du Xe siècle. L’économie, essentiellement céréalière, s’étend sur des domaines situés en moyenne montagne, au détriment de la forêt. Mais en raison de la violence du climat et de l’isolement qui en découle, le droit féodal est rarement appliqué dans les zones de montagne. Au cours du Moyen Age central, la forêt recule pas à pas avec le pastoralisme sous les premiers coups que lui portent une industrie, dont la matière première unique est le bois, ainsi qu’en raison des ordres monastiques en expansion, grands bâtisseurs. La croissance spatiale ne se termine qu’à partir de XIIIe siècle, et il n’y a plus de milieu naturel à proprement parler. Certains auteurs considèrent alors l’espace forestier comme une valeur précieuse qui mériterait une protection spéciale. La forêt devient un capital précieux que tentent de confisquer les seigneurs.
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L’activité des charbonniers. Au regard de ce qui est connu dans d’autres régions de montagne voisines, il est possible de déduire que les grosses charbonnières, qui fonctionnent à plein rendement, semblent être de création seigneuriale, à but d’exportation vers les foyers urbains que constituent déjà Valence, Romans, Die ou Grenoble. En revanche, nous sommes moins assurés de la direction des charbons fabriqués sans tutelle seigneuriale par des artisans indépendants. Ces derniers peuvent être soumis à autorisation pour fabriquer en grande quantité ou vendre leur produit, mais l’initiative leur est laissée pour leur consommation personnelle. Il est très probable que ces charbonniers soient avant tout des paysans pratiquant cette activité de manière annexe, à l’instar de la plupart des petits métiers ruraux du Moyen Age.
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L’industrie métallurgique s’est développée tout au long de la longue période médiévale. Comme le bois de feu constitue la matière première la plus nécessaire, les forges sont localisées dans les forêts. Les fabricants de fer vivent donc dans les espaces boisés comme des ouvriers itinérants, se déplaçant au fur et à mesure de l’exploitation pour fabriquer le précieux combustible.
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Les droits au bois : enjeu central dans les rapports de force entre les différents groupes présents sur le terroir. Généralement, le seigneur s’attribue la propriété de la forêt et se réserve quelques droits particuliers, le groupe paysan ayant des droits d’usage, soumis à de permanentes négociations et rétributions.
- Usages divers dans la forêt : les habitants des communautés montagnardes peuvent bénéficier pour leurs besoins personnels d’une partie des produits de la forêt qui ne leur appartient pas, tant qu’elle ne porte pas atteinte aux productions essentielles du sol forestier. Ramassage, par exemple le droit des feuilles, affouage (coupe de bois de chauffage), maronage (coupe de bois d’œuvre), et pacage (pâturage des forêts pendant la belle saison).
- Essartage : les terres de la montagne sont peu à peu acquises sur la forêt. Pendant l’hiver, les habitants coupent une certaine étendue de bois dont ils jonchent le sol et à laquelle ils mettent ensuite le feu. C’est sur ce terrain fertilisé par les cendres des arbres qu’ils vont ensuite pouvoir semer des céréales. Il s’agit d’une occupation provisoire de la forêt contrairement au défrichement.
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Les communautés monastiques et la forêt. En raison des contraintes économiques liées à l’accroissement démographique et de raisons spirituelles ( « appel du désert »), des ermites ont abattu des arbres et ouvert de nouveaux labours aux XIe et XIIe siècles.
Sur le Vercors, les moines cisterciens et chartreux sont tour à tour forestiers, éleveurs et cultivateurs. Les Cisterciens de Léoncel mettent avant tout en valeur par l’élevage les espaces vides qui leur sont concédés, tandis que les Chartreux sont plutôt forestiers, et ultérieurement maîtres de forge. L’apparition de ce monachisme travailleur a certainement donné de l’élan au développement des techniques : sidérurgie, énergie hydraulique…La Chartreuse de Bouvante est un bon exemple des aménagements monastiques utilisant l’énergie hydraulique et le bois.
Nouvelles formes d’exploitation de la forêt du Vercors
Après l’arrivée du charbon de terre, le patrimoine forestier devenu superflu pour les maîtres de forge ne tarde pas à se déprécier. D’autres besoins apparaissent :
- Mise en place du chemin de fer appelé « chemin de bois » car il consomme deux fois plus de bois que de fer
- Télégraphe (installation d’un centre d’injection des poteaux sur la commune de Villard de Lans à la fin du XIXe siècle.
- Fabrication du papier à base de pâte à bois
- Fabrication d’alcool industriel à partir du sucre de la cellulose.
Suite.... le vent
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