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Arrivée de l’électricité :
déconnexion de l’utilisation de l’énergie des lieux de production

Cette nouvelle forme d’énergie a profondément transformé le paysage du Vercors, notamment par la construction de centrales hydrauliques importantes qui remplacèrent peu à peu les anciens moulins à eau existants.

Premières exploitations
Les premières concessions, dans les années 1893-1894, sont attribuées aux plus importantes sociétés, comme Force et Lumière de Grenoble, ou la Société des Forces Motrices de la Basse-Isère.
En 1901, la Société des Forces Motrices du Vercors est créée dans le but d’exploiter les chutes du Vercors. Son activité sur le territoire s’est poursuivie jusqu’aux années 30 où elle passe sous le contrôle d’un groupe national : l’Energie industrielle.
La société privée Fure Morge et Vizille est aussi présente sur le territoire et a installé une retenue d’eau en amont de Villard de Lans, puis une centrale de production d’électricité.

Exemple sur la Bourne
Voici la liste des aménagements pionniers de la Bourne :

  • Basse chute de Bournillon, 1903. Captage des sources d’Arbois effectué par L. Chausso, industriel à St Jean, installation de trois machines (1275 chevaux).

  • Haute chute de Bournillon, 24 Février 1912. Initiative de Paul-Louis Goichot, directeur de la société immobilière des Forces motrices du Vercors. Installation de trois machines de 3000 chevaux.

  • La « Bourne » : 27 Février 1915. Captage situé en amont de la Balme de Rencurel. Cette installation exploite des eaux captées aux Jarrands. Initiative de la « Société hydroélectrique de la Haute Bourne », en vue de l’alimentation d’une usine hydroélectrique.

  • Goule Blanche : 22 Septembre 1932. Initiative de M. du Parc de la « Société électrométallurgique de St Béron ».

  • 22 scies hydro-électriques ont été recensées au début du siècle dans le massif du Vercors : 6 sur le Furon, 6 sur la Bourne en amont des Jarrands, 2 sur la Doulouche…

A Lans-en-Vercors et à Villard-de-Lans, les scieries faisaient aussi office de Moulin et produisaient de l’électricité, principalement utilisée pourl’éclairage.

Exemple sur le Furon
L’utilisation des possibilités énergétiques offertes par le Furon est très ancienne puisque à la fin du XIXe siècle, les Centrales du Germe, des Côtes de Sassenage et d’Engins étaient déjà en service. La puissance installée était de 1.5 MW ; la productibilité annuelle moyenne de 8GWh.

Usine de Sassenage

En novembre 1955, l’usine de Sassenage est mise en place. Les caractéristiques de l’installation étaient les suivantes :

  • Réserve d’eau du barrage : 45 000 m3 (entre les cotes 833 et 827 m)
  • Prise d’eau : en rive droite, assure un débit de 2 m3/s
  • Galerie d’amenée de 3 548 m de longueur environ
  • Chute nette de 603 m
  • Groupe hydraulique : turbine Pelton de puissance installée 10 600 kW, vitesse normale 600t/min
  • Productibilité annuelle moyenne : 32 GWh
  • Départ électrique extérieur à 63 kV

Usine d’Engins

L’usine d’Engins, la plus importante, fut autorisée en 1897. Elle aménageait le tronçon supérieur du torrent entre les cotes 835.5 et 540.67 mètres. Elle fut exploitée jusqu’en 1958. Bien que le matériel électromécanique ait été remis en état en 1941, cette chute avec son débit dérivé de 700L/s était sous-équipée et ses ouvrages d’amenée étaient à bout de souffle : la conduite forcée, ouvrage principal de la dérivation, était très entartrée et éclatait fréquemment.

Arrivée d’EDF

C’est en 1945 qu’EDF a ensuite pris le relais de ces usines privées.

Au Pays des Quatre Montagnes, comme partout ailleurs, l’électrification progressive de tous les équipements a complètement modifié le mode de fonctionnement des anciennes petites usines. L’énergie hydraulique est aujourd’hui réservée aux usines hydro-électriques qui renvoient l’énergie sur le réseau EDF. Plusieurs petites centrales ont ainsi été installées le long de la Bourne. Elles participent encore à l’alimentation  du secteur local et notamment à celle des manufactures voisines du Royans.